Organisons-nous !

Force collective. Solidarité. Unité. Valeurs du mouvement ouvrier. Mais, pour vraiment se débarrasser de l’injustice et de l’exploitation, la classe ouvrière a besoin non seulement de syndicats forts, mais aussi de sa propre organisation politique.

Puisque le succès du mouvement ouvrier, dans chaque pays, ne peut être assuré que par la force de l’union et de l’association ; que, d’autre part, l'action du Conseil général [de l’Internationale] sera plus efficace selon qu’il aura affaire à une multitude de petites sociétés locales, isolées les unes des autres, ou bien à quelques grands centres nationaux de sociétés ouvrières, les membres de l'Association Internationale feront tous les efforts nécessaires pour réunir les sociétés ouvrières isolées de leurs pays respectifs en associations nationales représentées par des organes centraux.

Dans sa lutte contre le pouvoir uni des classes possédantes, le prolétariat ne peut agir en tant que classe qu'en se constituant lui-même en un parti politique distinct et opposé à tous les anciens partis politiques créés par les classes possédantes. Cette constitution du prolétariat en parti politique est indispensable pour assurer le triomphe de la Révolution sociale et de sa fin suprême : l’abolition des classes.

La coalition des forces de la classe ouvrière, déjà obtenue par la lutte économique, doit ainsi lui servir de levier dans sa lutte contre le pouvoir politique de ses exploiteurs. Puisque les seigneurs de la terre et du capital utilisent toujours leurs privilèges politiques pour défendre et perpétuer leurs monopoles économiques ainsi que pour subjuguer le travail, la conquête du pouvoir politique est devenue le grand devoir du prolétariat.

Karl Marx - Statuts de l'Association Internationale des Travailleurs (1864 -1872)

Force collective. Solidarité. Unité. Valeurs du mouvement ouvrier. Mais, pour vraiment se débarrasser de l’injustice et de l’exploitation, la classe ouvrière a besoin non seulement de syndicats forts, mais aussi de sa propre organisation politique.

Ce qui fait la force des travailleurs, c’est leur union et leur organisation. Seuls face aux patrons, les travailleurs ne sont rien, car ils peuvent être licenciés et remplacés par d’autres du jour au lendemain. Quand ils sont unis, c’est les patrons qui ne sont plus rien, et ils le savent. C’est pour cela que les grands actionnaires et CEO d’entreprises, de même que l’establishment tout entier essaient toujours de diviser la classe des travailleurs, d’opposer travailleurs et demandeurs d’emploi, travailleurs fixes et sous-traitants, travailleurs avec un contrat à durée indéterminée (CDI) et ceux et celles avec un contrat à durée déterminée (CDD) ou intérimaires, salariés et faux indépendants, fonctionnaires et salariés du privé, actifs et pensionnés, hommes et femmes ou encore travailleurs « belges » et « étrangers », Flamands et Wallons, etc. Tout est fait pour empêcher que les travailleurs aient une conscience de classe, c’est-à-dire aient conscience de leurs intérêts collectifs et de leur capacité à changer les choses.

En partant du constat, après analyse, que ce sont l’union et la conscience qui font la force de la classe ouvrière, Marx et Engels ont travaillé d’arrache-pied pour aider à fonder, dès 1864, l’Association Internationale des Travailleurs, la Ière Internationale. Il s’agissait d’unir et d’organiser à l’échelle internationale le combat contre le capitalisme, sans se laisser diviser par des frontières nationales.

À son époque, Marx avait déjà tiré la conclusion qu’il n’est pas suffisant pour la classe ouvrière de se doter uniquement d’organisations pour la seule défense de ses intérêts immédiats, comme les syndicats. Même si celles-ci permettent certes d’obtenir d’importantes victoires dans la lutte pour l’augmentation des salaires et l’amélioration des conditions de travail de même qu'elles sont une école de lutte importante, Marx considérait qu’il était essentiel de politiser davantage la lutte, de faire prendre conscience du caractère fondamentalement inconciliable des intérêts des travailleurs et des capitalistes, débouchant inévitablement sur l’exigence du dépassement du capitalisme. Face aux autres classes qui ont leurs partis, la classe des travailleurs a besoin d’avoir son propre quartier général où, à partir de la connaissance des lois du développement des sociétés humaines et de l’analyse concrète de la situation, sera mise au point une stratégie du pouvoir. Pour Marx, ce parti doit être le parti communiste. Et cette idée, qu’il développe dès 1848 dans le Manifeste du parti communiste, il la fera inscrire également dans la charte de l’Association Internationale des Travailleurs après le congrès de La Haye, en 1872.

Photo Solidaire, Christoph Van Dyck

 


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